samedi 12 mai 2007

Radio days


Bonjour,

Hier, pour une raison indépendante de ma volonté, j'ai du prendre ma voiture pour traverser Paris. J'ai horreur de ça, et pour me rendre le trajet plus attrayant j'ai pour habitude d'écouter des radios "pourries", que jamais au grand jamais il ne me viendrai l'idée de mettre chez moi. Mais j'avoue, un peu honteusement, que j'aime chanter à tue tête des vieux tubes, tout aussi 'pourris", dans l'espace privé de ma voiture (souvent d'ailleurs, je suis obligée de creuver de chaud, parce que je ferme les fenêtres pour pas qu'on m'entende).

Donc hier, ne dérogeant pas à cette habitude, je monte dans ma voiture, je broche mon auto-radio, et je mets Chérie FM. Au bout de quelques minutes, se fait entendre Johnny, "Je te promets le sel au baiser de ma bouche...". Aors il faut savoir que Johnny faisait précisément parti des vieux tubes pourris que j'adorais chanter à tue tête, et l'ayant croisé un jour, j'avais été transpercée par son regard laser, puis des années après je mettais laissée séduire par le film "Jean Philippe" (pour la rubrique Pipole: il reste en Suisse, http://www.lematin.ch/pages/home/actu/suisse/actu_suisse__1?contenu=257336). Mais là, mon allergie a été immédiate. Patiente, me suis-je dis, car on m'a cassé mon antenne et donc ce n'est pas évident de changer de station, c'est d'ailleurs très certainement l'ouvrage d'un jeune voyous élevé dans l'hériatge désastreux de 68.

Donc, je patiente à la radio en même temps que derrière le camion poubelle... Puis deux ou trois tubes plus loins... Faudel qui nous chante "Trop d'amis pour oublier que c'est ici que je suis né..." Alors là c'était trop! Non, pas la chanson qu'il a chanté à la Concorde tout ça, là, il faut pas exagérer! Donc j'ai changé de station et la première que je réussissais à capter après, fût France Inter qui diffusait "Là-bas si j'y suis", et ça m'a fait un bien fou. Je me suis détendue, je n'étais plus seule... Il y avait des gens qui réfléchissaient dans ce pays. Donc mon idée du jour: écouter France Inter. Une vétérante de 68 m'a dit aussi que France Culture c'était pas mal, mais j'ai pas encore essayé.

Je publie en commentaire à ce message sur le blog, une version plus longue de "Raison d'agir" de Cassande et Horschamp, et un appel à une assemblée générale de la coordination et précaire d'Ile de France qui rejoint Act Up et les Panthères Roses sur thème: Quelles résistances ? Quelles solidarités ? Quelles (re)constructions ?.
N'hésitez pas à publier les votres.

Dans les liens, j'ajoute:
Celui de la revue Illico, menacée d'interdiction par le Ministère de l'Intérieur, et qui n'est, j'atteste, absolument pas à caractère pornographique comme le prétend la circulaire du ministère.
Un article pour les anglophones de Leninology. Je ne suis absolument pas d'accord avec la dernière phrase du deuxième paragraphe, mais il y a plein de choses intéressantes. Et le dessins qui l'illustre et très bien.

Bon week-end.

Rosa

2 commentaires:

Héritère de 68 a dit…

Raisons d'agir pour l'art et la culture

Pour ceux qui en doutaient encore, Berlusconi l'a clairement affirmé :
le vainqueur des élections présidentielles française s'est inspiré de son «modèle»…Avons-nous vraiment bien compris ce que c'est que la situation de l'art et de la culture sous un Berlusconi ? Je me souviens, lors du forum social européen de Florence, en 2002, avoir écouté les terribles constats d'artistes italiens du spectacle vivant empêchés de travailler par toutes sortes de censures, bloqués par une multitudes d'obstacles insidieux ou frontaux, finalement réduits au choix entre une extrême précarité et la soumission au commerce le plus vulgaire.

Je n'en croyais pas mes oreilles. La médiocrité au pouvoir, la rentabilité comme valeur suprême, la bêtise victorieuse, enragée, s'acharnant à détruire sauvagement tout ce qui est de l'ordre de l'élévation, du partage, de la transmission, de l'intelligence.

J'étais alors heureux d'être français, de vivre et de travailler dans un pays dont l'histoire est pétrie de luttes pour l'intelligence et la liberté, fondé sur une tradition de résistance suffisamment forte pour que ce cauchemar soit absolument impossible, inimaginable chez nous.

Impossible ? Vraiment ? Nous allons le savoir bientôt. Mais c'est à nous d'agir sans attendre.

Nous sommes les héritiers de luttes et d'utopies magnifiques, nous sommes les héritiers du grand mouvement de l'Éducation populaire construit dans ce pays, les enfants ou les petits-enfants des pionniers de la décentralisation théâtrale française de l'immédiat après-guerre. Et nous l'affirmons encore comme nous l'avons depuis longtemps répété dans le désert : face à une Europe soumise aux impératifs délétères de la rentabilité, face à une offensive sans précédent de l'ultralibéralisme nord-américain, le service public de la culture français doit être actualisé, consolidé, défendu, et porté comme un exemple pour les autres!

Or ce fut loin d'être le cas lorsque la gauche était au pouvoir en France. Et il est peut-être trop tard, désormais, au moment où l'existence même du ministère de la culture qu'André Malraux préfigura est mise en cause.

Notre revue s'appelle Cassandre et ce qu'elle annonçait est en train de se produire.

Mais c'est lorsque il est «peut-être trop tard» que les vraies énergies se lèvent et que la force du combat peut renaître. C'est donc maintenant, sans attendre.

Face au démantèlement programmé du service public de la culture français, il nous faut aujourd'hui agir vite et fort.

Impossible de laisse faire sans réagir la vague de destruction qui s'abat sur l'intelligence, la recherche, l'art, la culture. Impossible et indigne. Il en va de notre responsabilité. À nous d'être à la hauteur de l'histoire qui nous a portés. À nous de transmettre.

L’instant est grave. Dès novembre 2006, nous avons lancé un appel aux candidats à l’élection présidentielle française pour qu’ils considèrent avec un peu plus de sérieux la place de l’art et de la culture dans leurs programmes politiques.

Peut-être cela n’a-t-il pas été tout à fait inutile, mais l’état actuel des consciences est tel que nous n’avons pas réussi à provoquer l’écho et les réactions que nous estimions indispensables sur cette question vitale pour l’avenir de notre civilisation. Et, aujourd’hui, nous avons, les uns et les autres, toutes les raisons d’être très inquiets, face à une déferlante du pire populisme télévisuel, du divertissement marchand le plus vulgaire, qui s’emploie à détruire tout ce pour quoi nous combattons.

Si les « politiques » français ne peuvent ou ne savent pas s’emparer sérieusement de cette question fondamentale, pour résister au formatage annoncé des «cerveaux disponibles», alors une immense responsabilité retombe sur nos épaules. Nous ne nourrissons aucune illusion, nous ne pourrons sauver l’essentiel et inventer de nouvelles voies que si nous agrégeons des compétences nombreuses, diverses et complémentaires.

Quels que soient les obstacles, nous n’avons pas le droit de renoncer, nous n’avons pas le droit de nous laisser diviser, de nous contenter de protéger des intérêts égoïstes, corporatistes ou lobbyistes.

Ne perdons pas de temps, regroupons les énergies et les pensées des acteurs sincères et authentiquement engagés dans le combat pour la défense de l'enjeu artistique et culturel.

Regroupons nos pensées même si elles sont diverses, surtout si elles sont diverses, et retrouvons-nous sur un désir de réflexion commune et d’actions. Et organisons-nous. Agissons pour susciter dans notre pays un grand mouvement de défense de l’art et de la culture DANS la société contemporaine et en particulier du service public de la culture que la France a su construire depuis une soixantaine d’années.

Nous proposons de créer aujourd'hui une force collective autour de la défense de l'enjeu artistique et culturel dans notre pays.

Nous vous invitons à deux réunions publiques autour de ces «Raisons d’agir» :

- Le 14 mai, à 20 h, au Lavoir Moderne Parisien, dans le cadre des Agoras de la Goutte d’Or ;
- Le 18 mai, à 20 h, au couvent des Récollets, autour de la lecture de fragments de «L’Esthétique de la résistance» de Peter Weiss, par
Laurent Grisel.

L’équipe de Cassandre/Horschamp

Réservations indispensables : 01 40 35 00 98

Lavoir Moderne Parisien : 35, rue Léon, 75018 Paris. Métro
Château-rouge ou Marcadet-Poissonniers.

Couvent des Récollets, 148, du faubourg St-Martin, 75010 Paris. Métro
Gare de l’Est

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Cassandre/Horschamp, Cité européenne des Récollets, 150 rue du Faubourg
Saint-Martin 75010 Paris.

E-mail : cassandre@horschamp.org - Tél.: 01 40 35 00 98.

Cassandre porte depuis 1995 les valeurs d'un art en prise avec la société dans la lignée des combats de l'après-guerre, fait avancer les idées et lutte contre l'endogamie. Notre travail est celui d'une «nouvelle critique » qui ne se contente pas de juger l'« objet », mais appréhende le geste de l'art en prenant en compte la relation à l'histoire, aux populations et aux lieux. Visitez le site Horschamp : www.Horschamp.org, mettez-vous même vos informations en ligne sur Passeurs: www.passeurs.org, recevez microCassandre chaque mois. Et,bien sûr, abonnez-vous à Cassandre, la revue papier.

Héritère de 68 a dit…

La Cip-Idf se joint à Act Up Paris et aux Panthères Roses pour appeller à une large assemblée mardi 15 mai à 19h.
> Avec aussi pour l'instant la participation du
> collectif de sans papiers de Montreuil et du Gisti...
>
> Il y a urgence : prenons le temps
>
> ASSEMBLÉE GÉNÉRALE MARDI 15 MAI 19H00 à la Cip-Idf
>
> Quelles résistances ? Quelles solidarités ? Quelles (re)constructions ?
>
>
> Depuis le 6 mai, certaines questions se posent avec encore plus d’acuité pour nous, acteurs et
> actrices de mouvements sociaux. Ces questions, nous avons envie et besoin d’en débattre collectivement :
>
> Lesquels de nos droits et de nos libertés vont se
> trouver les plus immédiatement menacés par le
> programme politique de l’UMP ? comment les
> défendre ? comment mutualiser nos expériences et nos moyens respectifs pour y arriver ? Mais aussi, comment continuer à conquérir de nouveaux droits, à vivre des libertés nouvelles, à construire des alternatives ?
>
> Et, au-delà de ces nécessaires et urgentes
> résistances, comment reprendre langue entre nous et au-delà ? Comment développer les soutiens personnels et collectifs dont nous avons besoin ? Comment agir ensemble ?
>
> Act Up-Paris, la Coordination des InteRMIttents et Précaires d’Ile de France et les Panthères Roses
> appellent touTEs celles et ceux qui seraient
> traverséEs par de telles interrogations à se réunir le mardi 15 mai à 19H00 à la Cip-Idf 14-16 Quai de la Charente 75019 Paris (Métro Corentin Cariou)