
Bonjour,
L'un d'entre-vous me rappelait en m'envoyant un lien vers un article d'Acrimed à ce sujet, un épisode de la soirée du dimanche 6 mai (http://www.acrimed.org/article2622.html). Je me souviens que nous avions été très choqués déjà sur le moment avec mes petits camarades, tous musiciens, chanteurs, comédiens, régisseurs, contortionistes... bref que des faignants hériters de 68.
La scène choquante en question c'était Fabus en train de faire une analyse politique, intérompu pas les journalistes, pour donner la parole à Johnny sortant du Fouquet's, qui évidemment ne disait pas grand chose d'intéressant. Et lorsqu'on reprend la discussion avec Fabus et qu'il se permet d'ironiser (même pas de protester) il s'en prend plein la tête... Plus tard nous retrouverons cette playade d'artiste de la rupture place de la concorde... avec quand même le pompon: "que la paix soit sur le monde..." par Mireille Matthieu.
Mais on l'a déjà dit et trop dit et mieux que moi, donc je vais faire court aujourd'hui et je vous propose de lire dans les commentaires de ce message sur le blog (quand on est sur le blog et qu'on lit ce message, on va à la fin et on clique sur "commentaires", pour ceux qui ont demandé), l'expérience que mènent les gens de la Gare Agence Expérimentale.
Et puis dans la série "rions c'est l'heure", je vous porpose ce site de délation, posté en commentaire au message d'hier: http://www.delation-gouv.fr/index.php
Bonne journée.
Rosa
1 commentaire:
DOSSIER La GARE Agence Expérimentale
Depuis plus d’une vingtaine d’années, à travers le monde, des friches, des laboratoires, des fabriques et des squats abritent des collectifs d’artistes qui trouvent, dans ces espaces atypiques, les moyens de créer, de produire et de diffuser leur travail. De ces lieux naissent des démarches artistiques et culturelles inédites et des rapports singuliers aux populations, aux territoires, et à la société. De nouvelles démarches d’artistes, souvent liées à des espaces originaux, se multiplient aujourd’hui autour de croisements disciplinaires et d’une autre prise en compte du temps, de l’espace et des finalités de la création.
Aujourd’hui, face à l’impossibilité de trouver des espaces et des temps géographiques, sociaux, administratifs et culturels pour vivre et créer, face à une évidente crise du logement, à la précarisation de modes de vie et de pratiques artistiques et à l’évidente vacuité de nombreux logements et espaces, de plus en plus d’individus, d’artistes et de collectifs s’organisent afin de résister en créant de nouveaux modes de vie et de travail.
En investissant des espaces urbains vacants, ces collectifs se placent dans une démarche réellement citoyenne et solidaire, ils tentent de réinventer certaines formes de circulations, d’expérimentations urbaines et humaines.
Ces démarches correspondent à des besoins non satisfaits, des besoins d’artistes et d’individus précaires en recherche d’atelier et de logement, des besoins d’habitants en recherche de lieux ouverts dans leur quartier.
On peut les considérer comme des ‘laboratoires expérimentaux’, à la fois culturels : émergences de nouvelles pratiques artistiques, mixité, polyvalence, ouverture.., mais aussi sociaux : lieux et pratiques ouverts sur les quartiers, redécouverte par les habitants d’un bâtiment abandonné, d’une forme de ‘convivialité’, d’un ‘lien’.
Souvent, ces espaces éphémères et non ‘codés’ sont des lieux d’ouverture et de liberté où toutes sortes de gens quels que soit leur âge et leur condition, peuvent se croiser , ce genre de lieux participent à retisser un lien social urbain que beaucoup de structures spécialement dédiées à cette tâche ont bien du mal à créer .
Ce sont aussi les lieux d’une avant garde , ils participent à l’émergence de nouvelles formes artistiques, à un dynamisme culturel ‘hors-cadre’ très riche et diversifié. Ils répondent à des besoins et des réalités auxquels les institutions ne répondent plus. De nombreux artistes de diverses disciplines sont ‘passés’, et continuent à passer par des lieux de ce type soit en en créant eux-mêmes, soit en y résidant, soit de façon ponctuelle, pour une construction, une création ou une diffusion.
L’espace de création ‘La Gare, Agence expérimentale ‘ et ses résidents se situent dans une démarche citoyenne et solidaire, calme et quasi silencieuse, centrée autour d’une dynamique de travail exigeante et énergique. C’est un lieu éphémère de résidences pluridisciplinaires, un espace de création et de vie, un atelier permanent d’écritures diverses (textes, créations sonores, gestuelles, plastiques, vidéos…) de croisement de pratiques et de paroles .
Les résidents de cet espace sont d’ages et d’origines variées , artistes plasticiens, vidéastes, musiciens, constructeurs, artistes de cirque…ils ont tous un engagement culturel éprouvé et reconnu . (cf dossiers de presse joint) . Chacun d’entre eux a son propre projet , et met en commun ses moyens et ses connaissances tout en préservant son autonomie . En ‘collectivisant’ ces énergies individuelles, se crée un réseau humain qui donne la possibilité à chacun d' enrichir son expérience personnelle au contact d' autres pratiques et d' affirmer sa créativité. Vivre ensemble dans un lieu ouvert a l' expérimentation la production et la diffusion c' est appliquer au quotidien ce que nous exprimons a travers différentes écritures
C’est débattre, développer une pensée critique et proposer des oeuvres qui bouleversent, qui remettent en question les certitudes.
C' est devenir notre propre support et affirmer l' existence d' alternatives à la culture de masse.
La Gare, Agence expérimentale se veut être un lieu ouvert sur le quartier et ses habitants, (et plus largement sur le monde, ) sans pour autant se revendiquer comme un lieu public.
Il s’agit plutôt d’une ‘base’ de projets, bureaux associatifs, ateliers , répétitions, préparations de créations…et en aucun cas d’un lieu de diffusion avec ouvertures publiques payantes (de type concerts, spectacles, etc…) Il ne s’agit pas non plus de s’enfermer dans une autarcie en marge. Chacun des résidents a une pratique et des activités ouvertes aux publics et au monde extérieur .
Il est évident que le bâtiment du 15 rue de l’Aude, vu sa taille et sa configuration ne se prête absolument pas aux ouvertures publiques de grande envergure, en professionnels du spectacle, nous sommes tout a fait conscients de ce fait et sommes en mesure d’apprécier et d’exploiter les qualités de ce lieu propice au calme et à la concentration , nécessaire à toute création artistique .
Conscients du fait que ‘créer c’est souvent résister’ et que , dans une pratique artistique et citoyenne , il devient parfois évident, par nécessité ou par volonté, de ‘déborder’ de certains cadres…nous ne sommes cependant pas dans une dynamique de résistance frontale. Nous avons besoin d’espaces pour vivre et créer et mettons tout en œuvre pour exercer nos pratiques dans un cadre légal, quand cela s’avère possible .
Le fait d’occuper des bâtiments vacants répond pour nous à de réelles nécessités, notre but n’est pas d’enfreindre la loi, nous souhaitons simplement libérer des espaces de vie et de travail.
Nous nous intéressons au patrimoine industriel, aux friches urbaines, nous souhaitons participer à leur sauvegarde en les recyclant au profit de l’art. L’art se glisse toujours dans les interstices, pour remettre de la vie là où on l’avait oubliée, reprendre ce que d’autres ont depuis longtemps abandonné. Terrains vagues, zones délaissées, terres en friche, zones impropres à la construction, chantiers inachevés sont les territoires privilégiés d’une occupation provisoire. Nous souhaitons redonner vie à des quartiers oubliés, recycler des bâtiments vacants cédés provisoirement par leurs propriétaires, les aménager en centres d’art ou les exploiter pour des interventions temporaires.
Nous avons d’ailleurs le projet, sur l’exemple d’autres expériences européennes (réseau Trans’Europ’Halles, Artfactories..) de créer et d’organiser, dans un cadre juridique précis et en partenariat avec des propriétaires, une structure réseau de ‘gardiennage artistique d’espaces vides’. Il s’agirait de proposer une occupation utile (pour tout le monde) , une mise en valeur de bâtiments vacants, en attente de travaux ou de fonctions… par des collectifs d’artistes, en contrat avec les propriétaires, avec la garantie de libérer les espaces en temps voulu. Ce genre d’expériences, quand elles sont soutenues, se révèlent très positives à tous les niveaux.
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Si le rêve nous permet en partie de reconquérir nos libertés, nous ne sommes pas de doux rêveurs pour autant et nous ne nous faisons pas d'illusions car nos rêves se nourrissent de la réalité, ils sont chargés de symboles et nous renvoient à nous-même. Nous ne cherchons pas seulement à contester un système, notre engagement nous conduit également à mettre en pratique les valeurs que nous défendons.
La mixité sociale et la démocratie participative sont des thèmes à la mode dans le débat politique, conscients donc que notre société est victime d'une véritable carence en rapports humains, nous ressentons le besoin d'appliquer nous-même et à notre échelle, les principes démocratiques.
C'est donc avec légitimité que nous redonnons vie à des terrains et des bâtiments abandonnés aux lois de la spéculation. Nous pensons en effet que l'expression artistique sous toutes ses formes est garante de nos libertés les plus fondamentales c'est pourquoi nous sommes déterminés à ce que nos projets trouvent une réelle répercussion dans la société. Si la culture ne s'adresse la plupart du temps qu'à "l'élite", nous la considérons en revanche comme une manière de vivre ensemble autour de l'échange et du partage. Voila pourquoi nous refusons l'étiquette de "marginaux" que par facilité, nous collent ceux que la différence semble déranger. Nous voulons au contraire que cette différence puisse exister pleinement au coeur de la cité.
Loin de cette ‘marginalisation’, c'est par la création en tant que force de proposition que nous continuons à vivre avec le monde qui nous entoure, en en offrant une vision nous interagissons avec lui,
"L' art c' est ce qui rend la vie plus intéressante que l' art." Robert Filliou
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